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L’ATELIER 21 : une galerie engagée pour inscrire l’art marocain dans le temps long

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Vue extérieure de l’exposition L’Atelier de Farid Belkahia à L’Atelier 21, Casablanca, une reconstitution partielle de l’atelier de l’artiste au sein de la galerie, décembre 2013.
Vue extérieure de l’exposition L’Atelier de Farid Belkahia à L’Atelier 21, Casablanca, une reconstitution partielle de l’atelier de l’artiste au sein de la galerie, décembre 2013. L’Atelier 21

À Casablanca, L’Atelier 21 s’est imposée en près de vingt ans comme l’une des galeries majeures de la scène contemporaine marocaine. Dans un monde où tout pousse à aller vite, la galerie a fait du temps long une forme de résistance, et sa force.

L’Atelier 21 naît en 2008 d’un pari audacieux dans un paysage alors dominé par la peinture orientaliste. Aïcha Amor et Aziz Daki ont très tôt cette intuition : le Maroc ne manque pas de talents, mais de structures capables de les porter sur la durée. Ils conçoivent alors un espace hybride, à la fois lieu d’exposition et centre de réflexion, pour offrir à la création locale une reconnaissance professionnelle inédite.

Lorsque Nadia Amor rejoint l’aventure en 2010, elle apporte la méthode de sa première carrière en finance, exercée entre Paris, New York et Casablanca. Mais c’est aussi une enfance passée dans les musées et une famille qui collectionnait de jeunes peintres marocains inconnus ; certains comptent aujourd’hui parmi les plus grandes figures du pays. Pour elle, le passage des chiffres à l’art n’est pas une reconversion, mais un retour à l’essentiel : « Ma plus grande fierté est d’avoir eu le courage de suivre mon cœur plutôt que la raison », confie-t-elle.

Aïcha Amor, Aziz Daki et Nadia Amor à L’Atelier 21, Casablanca. L’Atelier 21

Une exigence bâtie sur la durée

Cette exigence se traduit par un travail de fond, souvent invisible mais déterminant pour la postérité des œuvres. Depuis 2012, la galerie développe un important programme éditorial, publiant des monographies consacrées à des figures comme Farid Belkahia, Fouad Bellamine, Saâd Ben Cheffaj, Abdelkrim Ouazzani, Najia Mehadji, Yamou ou Safaa Erruas. « Nous construisons des parcours, parfois sur plusieurs années », explique Nadia Amor. Ces publications participent à inscrire durablement le travail des artistes dans les institutions internationales.

En décembre 2013, la galerie reconstitue l’atelier de Farid Belkahia dans ses murs, un projet préparé pendant plus de deux ans. Quelques mois plus tard, en octobre 2014, Farid Belkahia disparaît. L’exposition avait été, sans que personne ne le sache, un adieu.

Portrait de Nadia Amor. L’Atelier 21

L’ambition de la galerie dépasse les frontières du Royaume. Première galerie marocaine à participer à une foire internationale avec Art Paris en 2010, la galerie contribue activement à la visibilité internationale des artistes marocains. Ces rendez-vous stratégiques permettent des rencontres décisives avec des musées mondiaux. C’est ainsi que des artistes comme M’barek Bouhchichi, accompagnés dès leurs débuts par la galerie, voient aujourd’hui leurs œuvres rejoindre les collections du Centre Pompidou ou du Musée Mohammed VI. Ou que Nabil El Makhloufi est retenu en 2023 parmi dix-huit artistes internationaux pour le focus d’Art Paris, illustrant ce que Nadia Amor nomme « la force des trajectoires ».

Le reflet d’un Maroc en mouvement

Au quotidien, Nadia Amor défend une programmation qui fait dialoguer les maîtres de la modernité, les talents émergents et les figures de la diaspora. Cette diversité de regards, de Hassan Hajjaj à Chourouk Hriech, témoigne d’une volonté de raconter le Maroc dans toute sa complexité. La galerie ne cherche pas une cohérence de forme, mais une « cohérence de pensée ». Cette ligne curatoriale est notamment portée par Aziz Daki, directeur artistique, qui accompagne les trajectoires des artistes sur le long terme. Elle soutient des démarches sincères et irréductibles qui, loin des tendances, interrogent notre époque avec liberté.

Vernissage de l’exposition Lignes sans brides à L’Atelier 21, Casablanca, en présence notamment de Farid Belkahia, Yamou, Abdelkébir Rabi’, Mohamed El baz, Houssein Miloudi, Saâd Ben Cheffaj et Mahi Binebine, mai 2012. L’Atelier 21

À l’approche de son vingtième anniversaire, la galerie continue de structurer le marché national en misant sur la pédagogie. En garantissant une traçabilité parfaite des œuvres, elle a bâti une relation de confiance durable avec les collectionneurs. C’est cette conviction partagée par les trois associés qui guide la galerie depuis sa création. Pour Nadia Amor, « dans un monde qui va vite, tenir ce cap est peut-être l’acte le plus exigeant qu’une galerie puisse poser ». Près de vingt ans après sa création, la galerie tient ce cap et les trajectoires qu’elle a accompagnées parlent d’elles-mêmes.

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Contenu conçu et proposé par L'équipe du Figaro Services. La rédaction n'a pas participé à la réalisation de cet article.

L’ATELIER 21 : une galerie engagée pour inscrire l’art marocain dans le temps long

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